Macramé ou tapisserie : quelle différence avec l’art du fil ?
Noué, tissé ou brodé ? Comment sont fabriqués le macramé, la tapisserie et l’art du fil, leur effet sur un mur et les différences d’entretien.
Dans cette histoire
- Macramé, tapisserie ou art du fil : la réponse rapide
- Le macramé : des nœuds, pas de métier à tisser
- La tapisserie et le tissage mural : chaîne et trame
- L’art du fil et la broderie : l’aiguille sur un support
- Leur effet dans une pièce : lumière, ombre, texture
- Lequel pour quelle pièce et quel style
- Les différences d’entretien
- Questions fréquentes
Macramé ou tapisserie : la question revient chaque fois que quelqu’un se tient devant une pièce textile et cherche à la nommer. La réponse courte : le macramé est noué à la main à partir de cordons, sans métier à tisser. La tapisserie est tissée sur un métier, la trame passant sur la chaîne. L’art du fil est brodé à l’aiguille dans un support comme la toile. Tous trois finissent sur un mur, et tous trois se vendent comme des « tentures murales », c’est là que naît la confusion.
Voici comment chacun est fabriqué, comment il se comporte dans une pièce et en quoi son entretien diffère, avec deux pièces de notre atelier de Porto comme exemples.
Macramé, tapisserie ou art du fil : la réponse rapide
| Macramé | Tapisserie et tissage mural | Art du fil et broderie | |
|---|---|---|---|
| Comment c’est fait | Des cordons noués à la main | Des fils de trame passés dessus et dessous des fils de chaîne tendus | Des points faits à l’aiguille à travers un support |
| Outil principal | Les mains | Un métier à tisser | Une aiguille |
| Structure | Ajourée : le mur se voit entre les nœuds et les cordons | Un tissu dense et continu | Le support reste visible ; le fil se pose dessus |
| Se suspend généralement à | Une branche, un tourillon ou un anneau | Une tringle passée dans un fourreau ou des brides | Un châssis ou un cadre |
| Relief et mouvement | Élevés : nœuds, festons et franges qui bougent | Surtout plat, sauf s’il a du velours | Faible relief |
| De notre atelier | Suspenso Terra | Aucune : nous ne tissons pas | Cadence |
Le macramé : des nœuds, pas de métier à tisser
Le macramé construit un textile uniquement avec des nœuds. Les cordons sont d’abord montés sur un support, généralement avec un nœud de tête d’alouette, puis noués selon des motifs : des nœuds plats pour les zones pleines et unies, des demi-clés pour les lignes et les diagonales, des nœuds en spirale qui se tordent en descendant. Rien d’autre que les nœuds ne maintient les cordons en place, de sorte que l’artisan règle la tension avec ses doigts, nœud après nœud. Les cordons laissés dénoués deviennent des franges.
Comme il n’y a pas de métier à tisser, le macramé peut prendre des formes que le tissage ne permet pas : arcs, festons, panneaux superposés et franges de longueurs différentes. Cette liberté en fait un art sculptural.

Suspenso Terra, notre grande tenture murale en macramé, montre la technique à pleine échelle. Trois panneaux drapés de cordon, du brun profond au taupe doux et au gris en passant par le caramel, pendent d’une longue branche de bois naturel attachée par une corde nouée à chaque extrémité. De souples festons courent le long du haut et de longues franges tombent en dessous. Elle mesure environ 170 cm de large, avec ses cordons les plus longs à environ 100 cm, et environ 3 cm de profondeur. Elle est réalisée dans un cordon à 80 % de coton, et signée par Sónia Bizarro. C’est une pièce unique et, au moment de la rédaction, elle est encore disponible ; notre collection de macramés montre toujours ce qui se trouve à l’atelier en ce moment. Pour accrocher une pièce comme celle-ci, lisez comment accrocher une tenture murale en macramé en toute sécurité.
La tapisserie et le tissage mural : chaîne et trame
Le tissage demande deux séries de fils. La chaîne est tendue sur un métier ; la trame passe dessus et dessous, rang après rang, et est tassée. Dans une vraie tapisserie, la trame est serrée si densément qu’elle cache complètement la chaîne, et le tisserand change de couleur au sein de chaque rang pour construire un motif ou une image.
Les tissages muraux contemporains s’inspirent de la tapisserie mais sont généralement plus lâches : de larges bandes de mèche, des boucles et des nœuds rya qui forment un velours touffu. Certains se terminent par des franges, et c’est là qu’ils commencent à ressembler au macramé. Pour les distinguer, regardez le corps de la pièce plutôt que ses bords. Une grille de fils qui se croisent signifie tissé. Un motif de nœuds noués avec des vides signifie macramé.
Une mise en garde quand vous achetez. De nombreuses pièces vendues aujourd’hui comme des « tapisseries » sont en tissu imprimé ou en jacquard tissé à la machine. Elles peuvent être très belles, mais ce n’est pas le même objet qu’une pièce tissée à la main. Nous ne tissons pas chez Nyra Atelier, de sorte que lorsque nous employons le mot, nous l’employons dans son sens traditionnel.
Les mots changent aussi d’une langue à l’autre. En espagnol, un tapiz de macramé est tout simplement une tenture murale en macramé. En allemand, un Wandteppich désigne normalement une pièce tissée, et le macramé se dit Makramee. En italien, un arazzo est une tapisserie tissée. Si vous achetez de l’autre côté d’une frontière, vérifiez la technique, pas seulement le nom.
L’art du fil et la broderie : l’aiguille sur un support
La broderie part d’un support fini, comme le lin, le coton ou la toile, et y ajoute du fil à l’aiguille. Le support assure la structure ; les points portent la couleur et la texture. L’art du fil est le nom plus large et plus contemporain des pièces murales réalisées ainsi, où le fil est l’œuvre elle-même plutôt qu’un décor sur un tissu. Le terme couvre aussi le string art, du fil enroulé autour de clous sur une planche, qui est encore une autre technique.

Cadence est notre exemple. Elle est brodée à la main en fil de laine sur toile tendue, 59 × 49 cm (23 × 19 po), en rangées de lignes verticales : rouge, moutarde, vert olive et rose poudré, chacune changeant de ton en milieu de rang sur un fond blanc. De près, on voit chaque fil ; de l’autre bout de la pièce, elle se lit comme une partition de musique. Elle arrive prête à accrocher, et c’est une pièce unique.
Là où les frontières s’estompent
Les artisans mêlent sans cesse les techniques. Les tisserands nouent du velours rya dans leur tissu ; les artistes du macramé tissent le cordon dessus et dessous. L’une des œuvres passées de Sónia, Refrain, est née d’une toile qu’elle a peinte, encadrée dans un bois qu’elle a aussi peint à la main, avec seize carrés de cordon de macramé tissés sur la surface. Elle se situe quelque part entre le macramé et l’art du fil, et vit aujourd’hui dans une collection privée. Quand une pièce combine plusieurs méthodes, la description la plus honnête les nomme toutes.
Leur effet dans une pièce : lumière, ombre, texture
Le macramé a le plus de relief des trois. Chaque nœud projette une petite ombre, et comme la structure est ajourée, la couleur du mur transparaît et fait partie de la pièce. Un mur pâle et uni rend ces lignes d’ombre nettes ; un mur sombre fait rayonner les cordons. Les longues franges bougent aussi : Suspenso Terra se balance doucement quand l’air traverse la pièce, ce qu’aucune pièce plate ne peut faire.
Les pièces tissées sont denses et continues. Elles absorbent la lumière au lieu de la fragmenter, et se lisent donc comme un bloc de couleur ou de motif, plus proche d’un tableau dans la façon dont l’œil les perçoit.
L’art du fil reste près du mur. Depuis la porte, il se lit comme une composition graphique, presque comme une estampe ; à bout de bras, les points en relief captent la lumière et la main devient visible.
Lequel pour quelle pièce et quel style
- Un mur large au-dessus d’un long meuble, comme un canapé trois places, un lit double ou un buffet : une grande pièce en macramé porte la largeur sans le poids d’un grand cadre. Pour choisir la bonne taille, voyez quelle taille de tenture murale en macramé choisir.
- Un mur étroit, un bureau ou une table à manger : une toile ou une pièce encadrée d’art du fil garde un bord net dans un espace restreint et fonctionne à courte distance de vue.
- Un couloir que l’on longe de près : choisissez une pièce plate. Des franges à hauteur d’épaule sont frôlées par les sacs et les manteaux. Le macramé convient dans un couloir lorsqu’il est accroché sur le mur auquel on fait face, pas sur celui que l’on longe.
- Une pièce que l’on voit surtout de loin, comme une cage d’escalier ou un mur à double hauteur : du macramé ou une pièce tissée, dont la texture se lit encore à plusieurs mètres. Les broderies fines sont à réserver aux murs que l’on voit de près.
Nos deux pièces actuelles figurent dans notre collection d’art mural ; Suspenso Terra se trouve aussi dans Objets décoratifs. Pour une ambiance apaisée et texturée, voyez décoration murale japandi.
Les différences d’entretien
| Où la poussière se dépose | À surveiller | |
|---|---|---|
| Macramé | Dans les nœuds et le long des franges | Des franges emmêlées ; lavage uniquement si l’étiquette l’autorise. Suspenso Terra ne se lave pas. |
| Tissé | En surface, d’où elle part facilement | L’affaissement des grandes pièces lourdes ; les tapisseries de valeur ou anciennes relèvent d’un restaurateur textile. |
| Art du fil sur toile | Le long des points en relief | Ni lavage ni repassage ; Cadence se dépoussière avec une brosse ou un chiffon doux et sec. |
Tous trois ont deux ennemis en commun : le soleil direct, qui fait pâlir les couleurs et fragilise les fibres, et l’humidité. Pour le macramé, voyez comment nettoyer un macramé sans l’abîmer. Pour les pièces plates et brodées, notre guide comment accrocher et entretenir un art textile mural entre dans le détail.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le macramé et la tapisserie ?
La fabrication. Le macramé est réalisé en nouant des cordons à la main, sans métier à tisser. La tapisserie est tissée sur un métier, avec des fils de trame tassés sur une chaîne tendue. Regardez le corps de la pièce : des nœuds noués avec des vides indiquent du macramé ; une grille serrée de fils qui se croisent indique du tissage.
Le macramé est-il un type de tapisserie ?
Non. Les deux sont des tentures murales textiles, et les boutiques comme certaines langues emploient les mots à la légère, mais ce sont des savoir-faire distincts, avec des outils, des structures et un entretien différents.
Qu’est-ce que l’art du fil ?
Une pièce murale dans laquelle le fil est l’œuvre, généralement cousu à la main dans un support comme la toile ou le lin. Cadence est de la laine brodée sur toile tendue.
Lequel est le plus facile à entretenir ?
Les pièces plates. Le tissage et la broderie gardent leur forme et ramassent la poussière en surface, un léger dépoussiérage suffit donc. Le macramé retient la poussière dans ses nœuds et ses franges et demande un peu plus d’attention.
Lequel convient à un intérieur moderne ?
Tous les trois peuvent convenir. Ce qui paraît moderne tient moins à la technique qu’à la finition : des fibres unies ou non teintes, des bords nets et un support simple, comme une branche brute ou une toile blanche, font contemporain. Les multicolores éclatants et l’ornement chargé penchent plutôt vers le traditionnel ou le bohème.
Conversation
Commentaires
Pas encore de commentaire. Soyez le premier à écrire.